dimanche, décembre 19, 2010

Yalla !


Planquée au fin fond de mon inertie, j'avais eu envie, début décembre, de faire un bonhomme de neige, bien que toute seule, bien qu'âgée de 34 ans à ce jour, en pleine nuit, les voisins n'y auraient vu qu'du feu. Je ne l'ai pas fait. Je m'étais trouvée con. Peut être que quelqu'un serait venu jouer avec moi, on ne saura pas.

Aujourd'hui, en plein dimanche, en pleine journée, dans bien 10 ou 15 cm de neige fraîchement tombée, et avec l'aimable participation créative du marchand de légumes, j'ai osé.

Je me sens bien. Des jours et des jours que je n'arrivais plus à ressentir cette joie particulière qui ne dépend de rien ni de personne. En cet instant, je la ressens. Bonjour, bonjour les hirondelles !

Peut être que je me réveille de mon hybernation. En tout cas, c'est déjà ouvrir un oeil. C'est déjà... vivre.

Yallaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

La magie dans la vie


Ce sapin se trouve dans un jardin privé. Les gens sont grimpés jusque là-haut pour nous émerveiller sans l'attirail de la municipalité ni des électriciens sur poteaux perchés !

Ah c'est de l'exercice, hein...

On s'y remet pas comme ça... Ca fait vingt jours, et j'ai encore rien dit. Tout couve sous la neige dans mon coeur. Ca m'rappelle à l'exercice que c'est, écrire quelque chose chaque jour. On en vient à penser bloggable pas bloggable. Et l'on se met à vivre comme on en rêve.

C'est pas la monomaniaquerie qui me freine. C'est que mon attention est concentrée ailleurs. Un ailleurs dont je voulais me débarrasser y'a vingt jours. Voilà comment j'y arrive.

Ca va pas. Je dis toujours que ça va mais ça va pas. J'arrive pas à me remettre en route. J'arrive pas à me remettre dans ma vie. La moindre démarche type "commander un chèque" ou "déclarer ses impôts" est repoussée indéfiniment. C'est comme...

Comme si c'était l'hiver en moi. Tout est bloqué sous la neige.

mardi, novembre 30, 2010

A nouvelle saison, nouveaux crayons

Je vous présente mes nouveaux amis, Brutus & Brutalis, qui vont m'aider à égailler l'atmosphère. Respectivement ordi & caméscope. Jamais bossé sur si cher. J'ose à peine fumer ma clope tranquille. C'était la mission du jour. S'offrir soi-même un gros cadeau.

Bon on rigole bien quand même, hein...

Pour mémoire, résumons

Après deux ans dans un minuscule appart' à Montreuil, à soigner des angoisses, il a fait bon vivre à la campagne, près du Grand Morin, avec Eska, une Labra d'Or mais en chocolat, toute de joie. Mon maître spirituel. Il a fait bon un mois.

Si bon que je suis tombée enceinte. Si faux, que j'ai fait une fausse couche.

Deux mois plus tard, j'étais en séparation avec la famille. Puis mon papa a eu une espèce de crise cardiaque des intestins, un ou deux AVC, et en août dernier, il s'en est envolé.

C'est lui qui vous fait neiger dessus, pour ma plus grande et plus simple joie. Si, si. J'vous jure.

Juste avant, j'ai quitté ma campagne, Yesss'Papa et Eska. Quelques temps en périple, dehors, avec un barda, quelques temps chez un ami, puis trois mois, dans une chambre louée contre service, chez une infirmière de nuit et ses trois enfants.

A nouveau, en ce moment, chez le même ami, tout gentil, merci à lui. A la recherche de mon chez moi, à moi toute seule, que je n'ai plus eu depuis la bonbonnière en 2005. La vie fait qu'on a beau se couper de tout et de tous, il se trouve toujours celui dont nous avons besoin pour être là.

En résumé, beaucoup, beaucoup de déménagements, et un beau merdier administratif qui s'ensuit.

J'vous raconte pas la profession. C'est à part. Ca viendra. Pour l'heure, je n'en ai pas. Et ça sera peut être... peut être enfin... écrivain.

Yalla !

Spiritualité et nuit noire

Ca fait deux ans que la part irrationnelle en moi prend le dessus sur ma vie. Je risque de causer spiritualité, beaucoup.

Ca fait un an que c'est la nuit noire. J'ai cru que je me battais, je me débattais au plus, et je réalise tout juste que je déprime sévère. Je risque de pleurnicher, beaucoup.

Si l'on en croit les chemins de toutes les fois, la belle vie vient juste après. A écrire, ici, tout ce qui me passe par le coeur, comme je l'ai fait depuis 2004, je risque de me guérir.

Encore une étape, encore une montagne, et je commence à croire que c'est ça, la vraie vie. La liberté de chercher son bonheur, et ne jamais s'arrêter à ce qui ne l'est pas, sous prétexte d'une croyance.

Allez, je me lance. C'est un risque à prendre, à bras le corps.

Demain

On se raconte bien des histoires... Je dois être des plus crédules.

Eh non, ce n'était pas Yesss'Papa, le meilleur papa du monde. Eh non, je n'aurai pas d'enfant. C'est peut être bien ça, la meilleure maman du monde entier. Celle qui n'en fait pas et devient maman de l'enfant en soi.

Eh ouais, eh ouéouais, c'est reparti pour une saison. J'ai besoin d'évacuer. Et il neige en plein novembre sur Paris. Il s'avère que le plus fidèle de mes amis, le seul qui peut vraiment tout entendre, c'est cette page à Blogger.

OK go. Go, go, go, Johnny, go.

La vie est toute neuve, et c'est la saison des semences. Demain, on n'en sait rien.

jeudi, juillet 03, 2008

Ho, ho, ho...

Je m'aperçois que l'avant-dernière trace que j'ai laissée ici est fort dubitative. La vérité, c'est que très peu de temps après ce 13 juin 2007, très exactement le 29 août suivant, j'ai rencontré et reconnu le meilleur papa de mes meilleurs enfants du monde. J'ai tant vécu et écrit pour créer mon métier depuis, que je n'ai rien écrit à ma vie.

Comme quoi le vieil adage, même en ces temps modernes et abstraits, tiens bon encore : c'est lorsque l'on lâche prise, lorsque l'on oublie d'attendre, lorsque l'on perd l'espoir, que l'espoir devient réalité.

Yesss'Papa m'aime. Et je l'aime aussi. Très fort. Presque comme la famille. Si on lui faisait mal je réagirais pareil. Or, mes propres ennemis, mes propres dangers, j'arrive à les considérer comme amis et tenter de comprendre la source de leur propre mal, mais lorsqu'il s'agit des ennemis de la famille, je suis cap' de remettre la guillotine au goût du jour.

Voyez. Très fort.

C'est mon trésor. C'est le papa de mes enfants. C'est mon petit nid de paix. Yesss'Papa.

samedi, octobre 20, 2007

Les Artistes Passeurs

Le webzine culturel des Artistes Passeurs est en ligne ! Si Oh et Popette vous ont manquées, vous les y retrouverez, ainsi qu'une sélection de sorties, ciné, lecture, spectacles, des articles un peu comme ici à propos d'oeuvres que nous avons aimées, des interviews (Pennac, la première !), des articles et des vidéos de notre action en champ scolaire, bref, j'en passe, allez-y voir !

mercredi, juin 13, 2007

Le scrutoscope ferme

C’est vrai, j’ai tendance à passer les gens au scrutoscope, mais ici, ici seulement, c’est moi qu’on scrute.

Gratis, mon cul. C’est pas pour rien qu’ils se font payer les psys. Je suis contente de rassurer. C’est quelque chose qui m’a toujours procuré un peu de satisfaction pour ma petite personne.

Et puis ça n’a rien de compliqué. On ne comprend que ceux qui veulent bien se laisser comprendre.

Exemple. Les gars veulent beaucoup moins se laisser comprendre que les filles. C’en est époustouflant. Les schémas ancestraux ont un poids incroyable. Communiquer ses sentiments, ses problèmes, pour un homme, c’est socialement signe de faiblesse. C’est viscéral. Ils refusent. J’en ai chassé plus d’un dont j’voulais pas et plus encore que je voulais comme ça. Suffit de cracher les non-dits sans ménagement. Ce qu’ils apprennent, en trouvant la femme de leur vie, c’est qu’il suffit de quelqu’un qui sache les faire parler. La communication rapproche, mais surtout, renforce.

Je m’épatate toute seule à tant faire preuve de bon sens et de compréhension pour les autres et d’aucun pour moi-même. Oh je sais leur parler, aux gars, voyez bien. A partir du moment où je les quitte. Ca, je sais.

Au moment où je les rencontre c’est plus balaise. Ils ne savent pas ce que j’vaux. J’ai pas d’étiquette pendue au nez avec le prix dessus. Et si jamais ils s’imaginent que j’suis bon marché, si jamais je leur accorde de l’importance et qu’ils s’en moquent, c’est l’effet cône de bonbons allemand. Autrement dit, je sais m’faire aimer de ceux dont j’me fous, et ceux que j’aime me le rendent bien.

D’où je me noie dans du boulot depuis un temps. D’où ça a intérêt à marcher mon affaire et me mener loin avec plein de choses différentes à faire. Parce que l’amour, les gosses, tout ça, j’ai pas vraiment fait exprès, j’crois pas, mais je m’en rends compte, c’est définitif, y’a une énorme croix dessus.

Le tour est fait. Fin de saison.

(sic)

- J’me suis engueulé avec l’auxiliaire de vie, aide-moi à comprendre pourquoi. Je vais te dire…
- Bonjour, pour commencer. C’est possible ?
- Oooh… Bonjour, Bubulle, comment va, t’as une drôle de voix ?
- Bonjour, Nours. Ca va. J’ai chopé la bronchite à soeurette. Rien d’grave. Et toi ? Raconte voir.
- J’t’ai raconté la dernière émeute au bahut ?
- Non.
- Vendredi. Y’a eu des blessés. Le Patron refusait d’appeler le SAMU pour pas faire de vagues. J’ai convoqué la presse. Ils ont tout aplati comme quoi rien de bien grave. C’est de pire en pire. Ils cherchaient déjà toutes les petites bêtes pour me décrédibiliser, mais là, ils ont plus qu’une envie c’est de trouver le moyen de me virer.
- C’est des fous Nours. La seule chose qui les emmerde c’est que t’ais raison et ce pour des histoires de politique. Pense aux mômes. Ils sont les seuls juges impartiaux de ton travail.
- Bref. Quand je rentre, je comprends mieux ce que tu disais, j’ai besoin d’être seul, m’asseoir avec un verre de Vichy et me laisser avoir envie de rien, même pas de manger. Juste un temps pour moi. Un tout petit temps. Et j’y arrive pas, y’a toujours un truc qui va pas à gérer. Et puis, bon, c’est pas bien grave, mais ça fait un moment que ça m’énerve, l’auxiliaire de vie laisse toujours les sacs poubelles dans le couloir au lieu de les descendre, ça pu la merde dans tout l’immeuble. Là, je rentre, elle me fait la gueule, et puis elle m’engueule, comme quoi j’suis trop sévère avec l’Ancêtre, que je le laisse seul la nuit quand je dois me déplacer à Paris, Dijon, etc, que c’est de l’abandon de personne âgée et qu’elle va en référer à l’assoc’ et que je serais bien dans la merde.
- Attends, attends, attends. Tu ne le laisses jamais seul la nuit, et elle n’est pas là pour le voir. Elle a pété un câble, c’est qu’elle te reproche autre chose. Qu’est-ce qui s’est passé avant ?
- Un matin, il a trouvé le moyen de baisser la barrière du lit, et de se lever seul. J’aime pas trop ça, elle, elle a tout de suite dressé des plans sur la comète, comme quoi il est plus autonome et qu’il faut laisser la barrière baissée maintenant et qu’il ne se serve plus de sa cane. Je lui ai juste dit que c’était au médecin de décider.
- Oh, ben s’il progresse c’est bien, mais faut y aller mollo.
- Ah bon ? Ben tu vois, j’vois plus qu’il progresse.
- C’est pas le genre à se mettre en danger, mais y’a des petits trucs qui déclanchent certaines illusions, tu sais bien qu’il oublie parfois qu’il a 79 ans et qu’il a tendance à tomber dans ces cas. Pour le lit, c’est très bien. Il se sentira mieux. Mais la cane, faut vraiment voir avec le kiné. J’ai l’impression qu’elle lui rappelle ses nouvelles limites.
- Oui ben, elle, elle insiste, je le maltraite parce que je ne veux pas qu’il lâche la cane tout de suite.
- Elle, elle est ni kiné ni médecin, mais elle fait du bon boulot et elle a du bon sens quand il s’agit d’aider. Cherche pas, elle te reproche juste de ne pas voir les miracles qu’elle accomplit et de ne pas pouvoir ramasser les lauriers qu’elle mérite. Elle sait pas comment te le dire. T’es un ours, Nours, tu en imposes, les gens qui n’osent pas te regarder dans les yeux ne voient pas que t’es un tendre. Elle, c’est une soumise. Elle ne voit que ton apparence sévère. Mais tu vas l’appeler, là, tu vas lui dire que t’es désolé, même si c’est balaise de s’écraser, et tu vas lui répéter tout ça, comme quoi t’as pas su voir ses exploits parce que t’as les yeux obstrués par la folie ambiante, mais qu’elle t’a fait réfléchir et que tu es reconnaissant pour tout ce qu’elle fait. Et puis elle va se calmer. Suffit que tu lui parles comme tu me parles. Elle est comme moi. (Le caractère en moins. Hé.) Et puis tu m’rappelles et on voit si ça a marché ou si faut chercher plus loin.

Une demi-heure plus tard…

- T’aurais dû faire psy, Bulle.
- Je fais psy, Nours. Un genre gratis.
- T’avais raison, c’est passé. Et moi, j’vois plus rien, que les emmerdes. Les mômes aussi m’envoient des signes, ils me disent qu’ils progressent et je vois rien.
- Les mômes t’aiment, Nours, parce que t’es un bon prof. Ils sont les seuls juges que tu devrais entendre, mais tu n’écoutes que ceux qui te traitent de minable. C’est aussi parce que t’es un bon prof et que tu sais te remettre en question. Mais là, tu te remets en question pour des paroles de fous furieux dénués de tout bon sens. Ta modestie te perdra. On fera vingt films sur ta carrière mais pas avant post mortem. Ecoute-les, tes mômes. C’est eux qui ont raison. Dans ce bahut, c’est toi le plus fort. Résiste !
- Tu aurais dû faire psy. J’suis désolé de t’appeler que pour des histoires comme ça.
- Tu te sens rassuré ?
- Oui.
- C’est l’principal. Laisse tomber les désolations.
- Tu aurais dû faire psy.

lundi, juin 11, 2007

(porte-bonheur)














Ha ! Tripleha ! J'ai bien dit ha !

vendredi, juin 08, 2007

(porte-bonheur)



Ca pousse ! Trois centimètres par jour, c'en est épatant !

Moi aussi je pousse... Moi aussi, j'apporterai bonheur !

Vivre ou écrire, telle est la question...

Quand vous écrivez facilement, que vous y prenez plaisir, que vous êtes parvenu à un style qui vous convient et qui plait, Internet devient un genre de piège sournois qu'on ne voit pas forcément venir.

Hier soir, j'papotais avec un gars comme ça, via écrans interposés, on en arrive à ma petite place dans la société, née hier, 7 juin 2007, et paf, il dit plus rien. En arrive un autre pour dire que j'attende un peu, qu'il revient vite, et paf. Il revient pas non plus.

Qu'est-ce qui, sur ces écrans, accorde le droit aux uns de ne pas en considérer d'autres comme des êtres de dialogue, de parole et d'âme ?

Vous vous voyez, assis sur un banc au Parc de Belleville, on vous dit d'attendre deux minutes, qu'on revient, sans préciser que ce ne sera pas avant trois jours ? Vous n'attendriez pas tant. Et vous trouveriez l'autre fort peu conscient de votre être et de la valeur de votre temps.

Ben sur Internet, ça n'a pas grande importance. Sur Internet, les gens ne perçoivent pas votre réalité, votre existence. Je vois bien comment ça peut être possible. Il suffit de se laisser porter par l'outil. Il y a tant de choses sur un écran que tout perd sa valeur. Et les gens ne s'en rendent pas compte.

J'aime écrire. Mais si c'est pour me transformer en livre... Un livre, ça s'ouvre quand on a envie de voler un temps pour s'y plonger, ça se referme en marquant la page, ça peut aussi bien rester ouvert p.79 en position de grand écart des semaines durant, ça cause, ça cause, c'est tout ce que ça sait faire. Et c'est condamné à radoter toujours les mêmes phrases aux mêmes moments.

Je refuse. C'est pas moi. Je suis plus interactive que cet outil, on peut pas me rejouer, on peut pas me mettre en pause, on peut pas faire toujours les mêmes gestes, sortir les mêmes phrases et me faire avancer vers une fin prédeterminée. Je n'ai pas de fin ! Rien n'est prédéterminé ! Vous non plus, on peut pas. Refusez ! C'est un piège ! Un piège à enfermer l'humain dans une boîte. Une boîte dans laquelle il ne rentrerait pas même hâché menu.

Vivre ou écrire ? Telle est la question. Il doit bien exister une juste mesure...

Ma vie a repris son cours. Je suis revenue sur mon chemin. Je l'y trouverai, un jour, cette mesure.

lundi, juin 04, 2007

(brouillon sonore)

Heu... Petit conseil à l'usage des éventuels auditeurs : N'y allez pas si vous êtes de bon poil ça va tout vous gâcher ! En plus, ça scouate le crâne.

Cher ami

Je veux me souvenir
Des lyres, des ires, des rires, des délires, des désirs,
Je ne voudrais pas te contredire,
Il y a bien pire que d’mourir

Je serai là c’est vrai je respirerai
Encore, quand j’t’oublierai
Je serai là c’est vrai mais j’oublierai
Mes regrets, tous mes secrets

La solitude t’égare
Je sais, mais j’préfère qu’on s’sépare
J’préfère qu’tu m’gardes en mémoire
Telle que tu m’vois ce soir

Allez il est déjà si tard
Va, il vaut mieux qu’on se sépare
Mais tu sais si je pars
C’est que je t’aime il faut me croire

Je veux me souvenir
Des soupirs, des sourires, dire, redire, les écrire
Mais j’saurais plus qui je suis,
Je te perdrai dans l’oubli

C’est pas un choix, tu sais, je respirerai
Encore, quand j’t’oublierai
C’est pas un choix, crois-moi, je t’oublierai
Sans émois, sans regrets.


dimanche, juin 03, 2007

(les porte-bonheur)

Soeurette me connaît bien. Elle m'a fait un cadeau, un vrai, rien que pour moi, comme sur mesure. Et le fait qu'il ne l'est pas, d'ailleurs, ajoute à sa valeur hasardeuse. Ce cadeau m'était destiné !

Je me lamente depuis mars de ne pas avoir mon chez moi pour planter cette année. Quand ça s'est mis à pousser de partout, j'ai ressenti un grand manque. J'ai touché les bourgeons, les feuilles, les fleurs, je les ai respirés, et j'avais le coeur tout pincé.

Rigolez pas. J'ai appris beaucoup de ce que je vous raconte ici depuis décembre en laissant pousser ma minijungle. Rigolez pas. J'ai aimé ces fleurs.

J'avais pas envie d'avoir l'air ridicule avec ma rubrique porte-bonheur qui se terminerait par un petit pot de mort. Alors j'ai attendu que les premières pousses apparaissent... Ce matin !

Le suspens néanmoins reste entier. Ces trèfles auront-ils tous quatre feuilles ? Et la rubrique viable. C'est parti !

jeudi, mai 24, 2007

"Elle est pas belle la vie ?"

Y’a quoi, une semaine, j’pars en courses et en cours, tout en écoutant Bénabar, ça fait bien un mois ou deux que je me bouche les oreilles dans la rue, Bénabar, j’tiltais pas trop dans le lot. Là, sans m’en rendre compte, j’ai chanté. Elle est pas belle la vie ?

Deux gars passaient par là. Ca avait l’air de les faire marrer. J’ai dû y aller plus fort que je ne l’ai cru. J’ai souri. J’ai continué. "Et même si la vie c’est moche, comme une rentrée des classes, une saison de la chasse, et même si la vie c’est moche, comme une génuflexion, une extrême onction, la vie, c’est joli aussi, comme un 14 juillet et des vacances au ski, la vie, c’est joli aussi, comme un ptit animal et un bateau à voile, la vie, c’est joli aussi, comme une fille toute nue dans un lit. La vie, c’est joli, comme une fille toute nue dans un lit, la vie, jolie, comme une fille toute nue dans un lit ! Hey !"

Le lendemain, j’étais encore de bon poil, encore l’âme toute enveloppée de Bénabar, et ce lendemain qui a si bien chanté, chaque homme que j’ai croisé m’a souri, d’accord, mais surtout, chaque homme que j'ai rencotré m’a aussi dit bonjour !

Si monsieur le maire, monsieur le prof, mesdames les associations et mesdames les banques en font autant, je vais ptête même y arriver, à le créer, ce métier… La vie, c’est sûr, elle est belle, quand elle veut. Mais moi, encore plus. Quand j'veux aussi. J'n'ai jamais eu des masses, matériellement parlant, mais depuis octobre, j'ai tellement rien et tellement tout à reconstruire... Et ben, même à l'eau fraïche, faut croire j'ai au moins ça. Besoin de rien ni personne sans Davidson. J'ai le pouvoir de ressentir le bonheur. Ca de sûr. Au moins. Ca d'impérissable.

Gens, pour être beaux, soyez heureux, écoutez Bénabar. Et... "advienne que pourra, inch'Allah, youpi !"

Pf.

J’suis pas faite pour ce monde.

Ca arrive à beaucoup. Une première pour moi. J’me prends un ice tea mangue chez l’arabe du passage, il pense qu’à me sourire, je lui file un vieux billet de cinq euros qui en a vu des poches, il m’en rend un tout neuf en plus de la monnaie.

Ma Petite Voix Intérieure : File ! Déguerpis ! Vite !
Moi : Heu… Quand même…
Ma Petite Voix Intérieure : Dégage !
Oh : Je crois bien que c’est un billet de cinq que je vous ai filé.
Ma Petite Voix Intérieure : Mais qu’est-ce que j’fais dans la tête d’une conne pareille…
L’Arabe Du Passage : Je crois bien que c’était un billet de dix.
Ma Petite Voix Intérieure : Tu vois ! Il en a pas besoin ! T’as même pas un toit au dessus la tête, toi ! Tu prends et tu cours !
Oh : J’suis pourtant assez sûre de moi. Je vérifierai qu’il me reste bien le billet de dix chez moi, en attendant…
L’Arabe Du Passage : Ah bon ben d’accord.
Ma Petite Voix Intérieure : T’es même pas sûre c’était le billet de cinq ?! T’es même pas sûre ?!!!
Moi : Oui bon ça va, on dégage.

Triplepf.

lundi, mai 21, 2007

Comme on grandit... Un peu long oui. Mais qui a vu que ça se faisait du jour au lendemain ?

L’Ours Blanc Des Neiges est un homme admirable. Tout était contre nous. Mais notre amitié est toute naturelle. J’ai toujours craqué pour les pédagogues de films. La faute à cette vieille série que je n’ose pas revoir. "Allons plus loin". Un instit’ (partisan, bien sûr, y’a pas eu de film sans partisan avant Kusturica) durant la Seconde Guerre Mondiale, un jeune homme en fuite, qui ramasse tous les orphelins de guerre, de village en village. Chaque fois qu’ils pensent avoir trouvé un endroit où ils pourraient se poser, la guerre revient, et il dit "Allons plus loin." Et les enfants le suivent, chaque fois plus nombreux. Il dit. Comme on espère.

Chaque fois qu’un prof m’a fait, pour un comportement ou un autre, pensé à cet instit’, j’ai craqué. Et Nours… C’est tout ça. Personne ne peut imaginer la folie qui règne dans son collège. Personne ne peut imaginer la force qu’il faut pour le supporter, sans jamais plier, sans jamais abandonner, même impuissant, pour sauver ce et ceux qu’on peut.

L’autre jour, les mômes ont écrit une lettre à la provo adjointe. "Madame, vous z’êtes pas polie avec monsieur, nous on veut l’avoir l’année prochaine, c’est notre meilleur prof." Et l’Ours, tout ce qu’il y voit, c’est les emmerdes que ça lui cause avec l’adjointe. Il en avait déjà des tonnes. Ca devient lourd. Tellement lourd qu’il y a cinq mois ou six, il s’est fêlé une côte juste en retenant le stress. Le kiné lui a fait "Ah ben il était temps que je vous vois. Vous avez oublié de respirer. Trois mois de plus et on vous retrouvait mort au service de l’enseignement."

Depuis, il rigole chaque fois que je l’ai au téléphone. Il a jamais voulu m’croire. Ca aide à respirer. Il en faut une dose chaque jour. Ca et chanter. On s’en fout de savoir ou pas savoir. Y’a pas de mal à se faire du bien. J’dois pas être très convaincante. C’est chaque fois quand j’suis déjà trop loin qu’ils comprennent, les gars.

Je suis déjà bien trop loin, mais j’admire cet homme, et mon amitié lui est acquise. Alors chaque fois que je peux, je fais ce que je peux.

Hier, Tivi Jim, un jeune gars épatatant, était justement en train de m’offrir une séance incroyablement efficace de "se vendre professionnellement" à la fois pro, psy, et pédagogue. Mon stress à force de ne jamais savoir a rendu la séance bien vive, mais il y est arrivé, le vaillant ! A la fin, je me suis sentie aussi bien que l’on peut se sentir en apprenant quelque chose qui vous rende la vie meilleure.

Vive donc, la séance… Les mots sont devenus trop importants pour moi, j’ai fait tellement attention de ne jamais émettre de jugement de valeur sous quelque forme que ce soit, que je l’applique avec tout le monde maintenant, et lorsqu’on ne me renvoie que des jugements de valeurs sur un travail, positifs aussi mais surtout négatifs, je me sens vite vexée, et j’explique, j’oblige l’autre à une démarche constructive.

Exemple : C’est pas mis en valeur, ton CV, tu te gâches, c’est pas joli, regarde le mien, tu vois ?

J’ai finalement compris que ce qu’il voulait dire c’était : La mise en page n’est pas lisible, il faut une structure plus complexe, à plusieurs niveau, qui te permet de détailler.

Un môme, si on lui dit : C’est pas joli, c’est tout. Il n’a plus envie de faire ce genre de truc. Si on lui dit : il faut encore ajouter des trucs ou faire autrement en précisant des exemples de trucs et d’autrements, il refait forcément mieux.

Bref. Vive séance avant que nous ne nous comprenions.

J’ai néanmoins répondu à l’S.O.S. du Nours en plein dedans. Depuis que je le connais, on le fait chier chaque année avec des nouveaux logiciels en lui imposant de saisir notes et appréciations sans jamais fournir aucune formation sur les outils. Or, l’Ours, ça le gonfle, les ordinateurs. Il a jamais accroché. Il ne sait pas encore bien quand on met un espace avant une ponctuation et quand on s’abstient. Alors les logiciels tout moches bidon à saisir, ça lui prend du temps. Ce qu’à la main il fait en une heure, il le fait en huit heures là-dessus. Forcément, ça l’énerve. C’est pas vraiment un progrès pour lui. Faut comprendre aussi.

Paniqué, l’Ours. On allait encore lui péter une crise d’hystérie s’il n’arrivait pas à mettre les données sur clé USB. Une opération si simple, suffit de monter une fois, que c’en est une aberration d’en arriver à un tel stress pour quelque chose qui se résout aussi facilement. Le genre de stress qui rend sourd, voyez ? Au téléphone, sans le logiciel sous les yeux, c’est opération rassurons quoi que ça dure.

Final, il savait faire et il se sentait soulagé. Ca a pris vingt minutes. Sont fous, dans ce bahut… Suffit de prendre une demie journée à la prérentrée pour montrer ! ‘Naise ce qu’ils sont barges… (La dernière en date, miss autoritariste en bottes grand max 25 piges qui baise le proviseur en collectivité, qui les fait tous marcher au pas, de parents flics et fille unique, sarko il est bô, deux ans d’expérience dans l’enseignement, se présente comme assistante avec le proviseur appelé par les profs patron tout naturellement, je vous l’donne en mil où ça ? aux législatives ! Morte de rire j’étais. Faut faire un film, y’a pas à torpiller. Ca en ferait du spectacle ! Du beau carnage plein de conséquences bien lourdes sur plein d’innocents… )

Tivi Jim : Ca y est, j’ai compris. Tu es une vraie pédagogue. En toutes circonstances. Tu as une grande patience…
Oh : Heu… J’ai un bon stock de patience avec les autres, mais j’ai des impatiences insoutenables avec ce que je veux.

Et voilà, avant la séance, j’avais un CV de chiotte qui ne pouvait me servir à rien. J’avais un passé professionnel qui valait que dalle et qui ne me menait à rien.

Depuis, j’ai une expérience atypique certes, mais entièrement pédagogique. Depuis mon premier contact avec la société.

Je n’ai pas encore trouvé une place dans cette société. Celle qui me conviendrait le mieux. Pédagogue artiste amateur en tous genres. Je me demande si je suis cap’ de créer un métier pour y arriver. Ou peut être réinventer celui de passeur…

mercredi, mai 16, 2007

(sic)

J'ai jamais eu les pieds sur terre, j'aimerais mieux être un oiseau, j'suis mal dans ma peau. J'voudrais voir le monde à l'envers.

Si jamais c'était plus beau...? Plus beau vue d'en haut...? D'en haut...?

mardi, mai 08, 2007

Vous êtes chaleureusement invités à partager vos idées et vos aspirations profondes

Dans les domaines de la culture, des arts, et de l'éducation.

M'adressant plus particulièrement aux quelques lecteurs que je connais, je ne ferai pas de pub ici et vous laisse découvrir sur place le projet :

Les Mômes Néant

dimanche, mai 06, 2007

Pf.

Voilà. Triplepf. Et bienvenu dans le Sarkoshow à Sarkoland !

Ca aurait pu s'arrêter là. On aurait pu construire un monde nouveau. Ben non. On en a encore pour cinq ans. A informer contre la désinformation. A relever les injustices. A enrager d'impuissance.

Ca me fatigue d'avance. J'ai des aspirations de partisanne sans guerre qui a trouvé son combat. Mais là, franchement, j'sais pas si j'ai le courage. Là, seule, je ne peux rien.

Si quelqu'un d'aventure tombe sur un groupement quelconque, si quelqu'un d'aventure, souhaiterait faire groupement avec moi, pour tenter, allez savoir comment, de protéger les échanges culturels contre les échanges pécuniers, qu'il acourt, qu'il avole, j'ai besoin de vous !

Tout ça aura le mérite de mettre un chouilla d'ordre dans ce blog. Je m'en vais en créer un spécialement dédié à la question, puisqu'elle m'a tout l'air de vouloir se rendre prioritaire à mes yeux pour un bout de temps.

L'adresse suit, dès que le premier article sera publié. Tout ce que j'en sais pour l'instant, c'est que ça se passera chez Haut et Fort, et que la Môme Néant en sera l'effigie.

(sic)

Je me sens chasseresse de grandes émotions, maintenant...

(sic)

Yo Soeurette : Oh, mais vous buvez !
Tivi Jim : Ouais !
Popette : C'est que demain, on sait pas si on sera encore là...
Yo Seourette : ??? !
Tivi Jim : Ben oui, on va à Solférino, demain, nous.
Yo Soeurette : !!!
Popette : ... :o)...

(au détour d'un feu de camp)

Ubu ! Depuis l'temps...!

vendredi, mai 04, 2007

(sic)

Pour vous, ce soir, une enfantise !

Sarko vs Ségo

Ce troisième millénaire, soyons humanistes !

Je viens de m’engueuler avec un entrepreneur qui ne votera pas, mais qui pense économie, donc tralala victimisant à souhait du Naboléon. Lui, friqué à mort, genre Self Made Man Story, et moi, pionnière à Tito. Très convaincue. Du jamais vu. J’dirais même plus, Dragon que je suis, je me sens visionnaire. Et comme j’ai Jupiter conjoint au Soleil, forcément, je vois tout en grand. Je vous changerais le monde durablement que ça ne m’étonnerait pas. Bruce Willis en moi jubile.

Voilà l’argument.

- Le monde court à la catastrophe s’il ne produit plus de richesses.
- Que ça m’étonnerait. A moins que tu ne parles de richesses culturelles. On va regarder les choses deux secondes du point de vue de l’humanité, je suis rien pour changer le monde à moi toute seule, t’as raison, et néanmoins, je suis, mais nous ne sommes rien non plus vu du passer. Et je vais te poser une question. En Histoire, qu’est-ce qu’on t’apprend ? Qu’est-ce qui reste ? Qu’est-ce qui est important ? Qu’est-ce qui intéresse l’homme ? Est-ce qu’on a beaucoup d’informations sur les richesses des pays ? Ouais non, la Géographie, c’est pas pareil, ça c’est un problème de Franchouille encore, on leur apprend les deux en une seule matière, mais ça n’a rien à voir. En Géo, t’as grand max les infos du siècle. Ou alors, on parle de géologie. J’ai appris deux matières, je fais bien la différence, je ne confonds pas les infos. Non, effectivement, on n’en sait pas grand-chose. On sait s’ils étaient riches, à la limite, après, s’ils payaient des impôts ou pas et combien, ça reste anecdotique. Par contre, les idéologies, les guerres, les arts… Et depuis la renaissance, les mouvements artistiques, en réaction à l’obscurantisme du moyen-âge. Les échanges culturels, voilà ce qui a toujours fait progresser le monde. Et là, on a une occasion en or de faire un petit pas.

Je l’écrirai, ce manifeste. Tidju ça va m’amuser, j’l’écrirai !

(sic)

- Alors, qu'est-ce t'en dis ? Je suis psychorigide ? (... ça m'travaille, hein, cette remarque, j'veux pas, mais y'a pas à torpiller, ça m'travaille...)
- C'est simple. Un gars qui veut du zesteflûte trouvera un argument quelconque pour se défendre de ce que tu dis et pensera que tu l'es. Un gars prêt à s'engager te trouvera belle et pensera que tu ne l'es pas.
- Hé. Subtil. La prochaine fois que j'veux savoir si un gars se sent disponible, j'lui fais lire l'article. Et v'là l'travail !
- Ca t'intéresse pas le zesteflûte ?
- Plus en soi. Plus dans les cinq ans à venir.
- Cinq ans... Et t'es cap' de zapper même un gars qui te plait beaucoup ? Genre, tu cèderais pas ?
- Si c'est pour du zesteflûte, je me sens plus cap' de zapper un gars qui me plait beaucoup qu'un qui me plait qu'à moitié.

(sic)

"Pourquoi regardez-vous toute personne qui n'a pas votre opinion avec ironie, avec mépris ? Parce que l'on n'est pas de gauche, on n'a pas le droit de parler de ces sujets? J'attache beaucoup de prix à vos âne'... heu... réponses. Je ne dis pas que c'est stupide." dit Naboléon, méprisant.

Qui a relevé le lapsus qui a bien failli lui échapper ? Âneries oui. Ca peut pas être autre chose. Ho, ho, ho...

La force est avec elle

Elle paye pas de mine comme ça, la p’tite Lorraine, quatrième d’une famille de huit enfants, mais z’allez voir, sous peu, on l’appellera la Dame Blanche…

Si j’écrivais ici tout ce que je profère oralement sur la question politique du moment, on me prendrait pour une e-militante. C’est tout de même étonnant… Quinze ans que j’erre dans ce pays à essayer de me faire une place qui me convienne, constamment déroutée par les pesanteurs administratives et les circulaires ministérielles. J’ai bien assisté à trois présidentielles, jamais je n’ai eu la sensation d’avoir compris, de pouvoir en parler, jamais je ne me suis impliquée.

Elle paye pas de mine et vous pouvez la critiquer sur tout ce que vous voulez, sa force autoritaire, ses quelques discours soporifiques, ses idées économiques, son côté maman, ce que vous voulez, n’empêche que cette histoire de campagne participative… Si ça marche, c’est qu’elle la prend bel et bien en compte. C’est qu’elle est pédagogue d’abord. Mais aussi réaliste. On ne peut plus décider une action au niveau de l’état, la balancer sur le terrain, attendre de voir que ça ne marche pas, puis décider autre chose, alors que sur le terrain, les gens savent ce qui marche et ce qui est une plaie.

Je parle encore de ce que je connais, l’éducation. Les profs ont droit depuis quelques temps à une nouvelle circulaire tous les quinze jours, censée changer chaque fois leur façon de fonctionner. Le Robien, maître MMA et vendeur de boîtes de p’tits pois, considère lui aussi que les enseignants sont des feignants, même que ça rime, il faut bien qu’il les occupe. Et rien ne marche. Et on accumule les plaies. Et les mômes s’amusent à faire des émeutes collégiales. Tout va bien. Il suffit que ça ne se sache pas. Il suffit de le dire. Tout va bien.

Vous êtes Français, vous critiquerez toujours, il y aura toujours un oui pour un non et un non pour un oui, ça sera toujours moit’-moit’ à peu de choses près, et jamais vous ne vous mettrez d’accord sur un système qui vous paraîtra stable et équilibré. Ca vous rappellerait trop la perfection, on sait bien que vous n’y avez pas le droit. Il paraît que la France est un pays de signe Balance. C’est donc normal.

J’ai ça en moi aussi. Mais j’ai autre chose que vous allez connaître, vous verrez. L’exaltation et l’aptitude au bon sentiment.

Quoi ? Ce serait trop mièvre, les bons sentiments, pour les argumentatifs que vous êtes ? Oh ? Vous ne m’aurez pas. Je le vois bien. Ca vous manque.

Dame Blanche vous a proposé de vous réunir entre voisins, et vous y êtes allés. Avec joie et enthousiasme. Vous vous chantez « C’est quand le bonheur ? » et « Le bonheur, ça s’trouve pas en lingot, mais en p’tite monnaie ». Je le sens. Ca grimpe. L’émotion se fait son chemin dans l’officiel.

J’ai été faire corps avec la populace le 1er mai au stade Charlèty. Je me suis retrouvée seule avec les 40 000 dedans, et l’Ours seul avec les 40 000 dehors. Nous nous sommes rejoints à la fin.

On connaît le concept « seul dans la foule », assez oppressant. Mais avez-vous connu même seul le sentiment d’appartenance à un tout ? Vous avez dû chanter dans une chorale ou quelque chose ? Et bien voilà. Il n’y a rien de tel qu’un bon sentiment multiplié par la bonne volonté d’une foule. J’vais vous dire, c’est ce qui a fait de moi, quand j’étais petite, l’optimiste que je suis aujourd’hui.

Bien sûr, ça prête à manipulation, tout ça, vous trouverez bien un lot de nons à ce propos comme à d’autres. Mais, ce jour là, parmi la foule, moi, j’ai compris ce qui m’arrivait.

La donne a été simplifiée. Il y a d’un côté tout ce que je trouve exécrable chez l’humain, sa cupidité, son envie, sa soif de pouvoir, ses apparences qui manipulent ses profondes aspirations, les pyramides humaines, il en faut beaucoup en dessous pour supporter le poids d’un seul au sommet, ses condescendances surtout, insupportables d’injustice. Il y a de l’autre tout ce qui m’inspire en l’homme, tout ce qui me procure l’exaltation positive dont j’ai besoin pour nourrir mes zèles éducatifs et littéraires, mais aussi personnels. La solidarité, la tendance à l’utopie, les grandes aspirations, œuvrer pour le bien-être de ceux qui m’entourent. La culture, les arts, la transmission, l’échange.

En somme, c’est très simple, j’aurais à choisir entre ce que je considère comme le bien et ce que je considère comme le mal. Je sais que vous êtes sceptiques, concernant le bien, jamais le mal. Moi je le sens, je ne sais pas réfléchir, mais j’ai de l’intuition. Elle est honnête, Royale. Elle ne sera pas parfaite. Elle s’en prendra plein la poire. Suffit de regarder dans les yeux. Elle fera de son mieux pour nous. Elle a déjà fait le mieux pour soi. Elle est de bonne volonté. Mais surtout, elle propage un sentiment enthousiaste.

« Aimez-vous les uns les autres ! » Voilà ce qu’elle a dit à la foule. C’est si simple. Ca manque tant. Vous ne savez pas faire. Et pourtant, ça vous manque. « Aimez-vous les uns les autres… »

Alors, puisque c’est simple, puisque je comprends, je parle, je m’implique et… ‘Naise comme j’angoisse. J’ai l’impression que ma vie professionnelle et sociale se joue là. J’ai l’occasion de faire de grandes choses, à mon sens, ce qui me tient le plus à cœur, offrir aux enfants le plaisir de lire, c’est là que je me sens utile, compétente, tout à fait à ma place. Ou alors l’occasion d’errer encore, de petit job en petit job qui m’intéresseront de moins en moins, dans l’incapacité totale de trouver une cohérence à mon CV.

J’ai l’impression que tout se joue, là, pour moi. Croisez les doigts…

(sic)

Décidemment, y'a des jours avec !

Yo Ma Soeurette : On a un truc à te dire...
Oh : Je vous écoute.
Yo Ma Soeurette : En septembre, Tv Jim et moi avons décidé de faire du théâtre ensemble dans la ville.
Oh : Oh ! Génial !
TV Jim : Tu viens aussi ?
Oh : Tu parles que j'viens !
Yo Ma Soeurette : Ca va être de la bombe, nos impros !
Oh : Ca d'sûr, on va rigoler !

(au détour d'un feu de camp)

TV Jim : Oh j'pourrais enregistrer "Les Mots bleus" moi aussi ?
Oh : Oh ben ouais.
TV Jim : Ouais !
Oh : Oh, tiens, on s'fait du coaching, genre !
TV Jim : Ah ouais, allez !
Oh : Bon. Tu l'vois l'Julien, là ?
TV Jim : Ouais...
Oh : Il serre là les abdos, au sternum. Tu vois sa tête, comme il souffre et tout ?
TV Jim : Ouais...
Oh : Bon. T'as déjà voulu quelqu'un que t'as pas pu avoir ?
TV Jim : ...
Oh : ...
TV Jim : ... :o) ...
Oh : ... :o)...
TV Jim : Ok.

jeudi, mai 03, 2007

(sic)

Monsieur le Conseiller du Livre : Vous prêchez un convaincu, je veux bien le lire pour vous conseiller plus précisémment, mais j'entrevois déjà le CPLJ, l'IA de Bobigny et l'IUFM qui seraient certainement intéressés par votre projet.

Même si ça se fait pas, rien que le fait qu'il me le dise, rien que ça... Imaginez... Imaginez, c'est jouissif...

J'entre dans la salle des profs. Je tombe sur deux ou trois que je voudrais bien revoir. Ils me font : "Oh, mademoiselle, comme on se retrouve, vous avez retenté le concours ?" Imaginez... Imaginez mon silence... Imaginez mon sourire... Imaginez... Rhaaa !

(sic)

Yo Ma Soeurette : Bon, on va pas garder une louche de pâtes... C'est pour ça, c'est bien d'avoir un chien... Ou un chat qui mange tout...
Yo Popette (marmonne) : ... Oui, ou un petit SDF du coin de la rue...

(sic)

Bon et puis maintenant faut arrêter d'écrire le mot sexe. Y'a en moyenne vingt pages visitées par jour ici, aujourd'hui on en est à quatre-vingt. On fait perdre leur temps à ces pauves gens. Je propose qu'on utilise le mot zesteflûte à la place. Nous dirons donc "Oh comme t'es zesteflûty !" et "J'ai commis un acte zesteflûtel inoubliable !"

mardi, mai 01, 2007

(sic)

- Il est hongrois, Sarkozy ?
- Ouais. J'crois même qu'il est descendant du méchant de l'affaire Dreyfus, là.
- Ah ouais ! Faut qui s'méfie. On pourrait bien l'avoir, avec ses histoires de génétique !

(sic)

ou Vendre la peau de l'ours avant qu'il ne refroidisse
ou encore ;o)


dimanche, avril 29, 2007

Cette année, on a droit à une fête de l'humanité bonus

"Bonjour,

Depuis le résultat du premier tour, le rassemblement progresse. L'élection s'annonce pourtant serrée.

Le 1er mai, date symbolique de la fête du travail, à partir de 15 heures 30, Ségolène Royal vous convie à un Grand concert-meeting parisien "Pour nous c'est elle" au stade Charléty*, dans le XIIIe arrondissement de Paris.

Elle sera rejointe par Benabar, Cali, Michel Delpech, Disiz La Peste, Leny Escudero, Miossec, Yannick Noah, Mafia Kafri, Renaud, Sapho, Têtes raides, Mokobé, Kery James, Grand corps malade et d'autres artistes qui exprimeront leur soutien et leur espoir de voir gagner la "France présidente" le 6 mai.

Ne ratez pas ce rendez-vous auquel assisteront des dizaines de milliers de personnes!

[...]

A mardi, dans la dernière ligne droite!

L'équipe de la net-campagne de Ségolène Royal

*Concert gratuit
Stade Charléty
99 boulevard Kellermann
75013 Paris
RER Cité universitaire
"

Frimer un petit coup avec ses cadeaux d'anniversaire

Il y a cadeau et cadeau. J'en ai reçu ces jours-ci qui me touchent particulièrement, parce qu'ils ont coûté en temps et en attention plus qu'en argent. N'en déplaise à l'autre Nabot, tout ne s'achète pas encore. Quelques irréductibles humanistes résistent encore et toujours à l'envahisseur... Si c'est pas une bonne nouvelle, ça ! J'dirais même plus : Quel pied !

Parmi eux, le plus surprenant, que voici. J'en connais à peine l'auteur. Il ne me doit rien. Je ne lui en dois pas plus. C'est un genre de cadeau à la Boucle Noire, qui sait créer un plaisir à partir de rien, et l'offrir en s'enrichissant. Un genre qui vous fait penser, tiens, v'là une personne configurée amie par défaut. Un genre qui vous fait croire que la confiance entre humains se perd plutôt que la confiance entre humains ce gagne.

Pour dire tout ça, une paire de chaussettes et une clarinette suffisent...



O'Frangin est un type épatatant ! Vous ne trouvez pas ?

vendredi, avril 27, 2007

(sic)

Non mais c'est vrai, j'suis très partageuse, m'enfin pas avec les Français, faut pas déconner.

jeudi, avril 26, 2007

(sic)

O'Frangin : Ca me fait tout drôle d'avoir une soeurette, moi qui suis fils unique.
Oh : Ben voilà, tiens. Un monde où les enfants uniques ont des frères et soeurs... Ce serait pas Royal, ça ?

Oui bon voilà, moi aussi j’ai mon petit comparatif à faire

Puisqu'on s'engueule comme des rats morts aux quatre coins de ce pays, moi aussi, oui, j'veux être de la fête. Ah les Astérix de mon enfance...

J’ai un point de vue particulier que vous trouverez certainement radicalement orienté depuis le plus tendre âge, puisque l’un de mes premiers souvenirs est dans les larmes que j’ai versées pour la mort de Tito alors que j’avais quatre ans. C’est dire comme tout le monde chialait et comme ce chagrin a touché mon tout petit être inconscient encore de l’étendue du monde. J’ai appris à relativiser, 15 ans que je suis là tout de même, tout à fait francisée et maiprisable aux yeux de mes compatriotes, m’enfin je tiens à préciser.

J’ai (très bien) vécu l’emprise du culte de la personnalité, je sais en reconnaître un de loin. Or, j’vous l’dis comme c’est, nous y voilà et de très près. Le 6 mai, la France choisira son effigie, et sa mentalité.

Il suffit d’avoir la curiosité assez sommaire de jeter un œil lui très sommaire sur les deux sites des deux candidats à la culte-de-la-personnalitance. J’suis sûre qu’en le domaine, la première impression reste la bonne quelle que soit la profondeur du trou qu’on a creusé.

Je ne vous en indique que ce qui a rapidement attiré mon œil.

Royal aurait un culte d’ubiquité. Elle serait un peu chacun de nous, un symbole patriotique. J’ai aimé être éduquée et vivre sous la photographie de Tito. Il était un symbole positif et puissant. Ce que j’en ai reçu est si profondément humaniste, qu’aucune guerre ne me le fera oublier. Avoir confiance en l’autre jusqu’à preuve du contraire. Proposer chaque bien de survie en partage. Aider, chaque fois qu’il le faut, chaque fois qu’on en est capable. Prendre plaisir à être un enfant, à apprendre, à jouer, mais aussi à s’ennuyer seul sans peur dans son coin. Laisser ce plaisir, mais aussi le communiquer aux enfants à venir. Apprendre à s’harmoniser avec ce que l’on ne peut pas changer en l’autre. J’ai vécu ainsi mes seize premières années. Aucune guerre ne me le fera oublier.

Je sais, Royal est parfois difficile à écouter, il paraît c’est la faute à Charles Berling qui veut pas laisser filer son délire, qu’est-ce que vous voulez, la démocratie non plus, ça peut pas être parfait. Essayez de lire pour voir :

" Je rassemblerai une équipe d’hommes et de femmes choisis sur le seul critère de leurs compétences, de leur dévouement et de leur sens de la morale publique. Et avec eux, car l’engagement politique, c’est ceci : nous sommes là pour servir et non pas pour se servir.

Je n’ai pas, comme l’a dit le candidat de l’UMP, une dernière marche à monter, puisque son projet, c’est lui, c’est sa dernière marche, et moi, mon projet, c’est vous. Ce n’est pas pour moi que je veux grimper je ne sais quelle dernière marche, c’est la France que je veux relever, c’est avec votre parole que je veux lui donner sa fierté. C’est la France dont je veux qu’elle cesse d’être tirée désespérément vers le bas, c’est elle qui doit monter, la France, la Nation et la République, et donc c’est l’ensemble du peuple français qui doit gravir la montagne. Ce n’est pas une dernière marche que j’ai à escalader comme l’autre candidat, c’est toute une montagne que je vous invite à gravir.

Je veux rendre à la France la fierté de son histoire et de son action collective, je veux rendre à la France sa place, toute sa place au sein et au cœur de l’Europe, d’une Europe sociale qui luttera contre les délocalisations et qui se battra pour le progrès humain de tous ses habitants.

Je veux construire avec vous, c’est mon désir le plus cher, une France que l’on entende mieux et davantage face aux extrémismes, aux fanatismes qui prennent en otage des régions entières de la planète. Je veux une France qui, s’écartant de la tentation de repli, renoue avec l’idéal de la République, l’idéal des Lumières, l’idéal des droits de l’homme et de la femme, l’idéal de la citoyenneté et qui en fait sa force et sa beauté. Voilà à quoi je vous invite !"
Ségolène Royal, discours de Montpellier, le 24.04. 2007.

Ca ne vous rappelle rien ? C’est beau… J’aime ça. Ca me rappelle des souvenirs d’enfance agréables. J’ai envie d’y croire. J’ai l’impression que si jamais ça m’arrive, j’aurais retrouvé mon unité, je ne serais plus une déracinée, le monde et la vie auraient de nouveau une logique. Ca ne peut pas se terminer dans cinquante ans comme ça s’est terminé en Yougos y’a dix ans. C’est une autre histoire. La France a largement plus de chances de s’approcher d’un tel idéal.

Et puis j’ai aimé ce lien que j’ai trouvé sur son site aussi, au hasard : Technologies du langage. Le gars est linguiste. Il a une écriture fluide. Le savoir (le transmettre et le créer) reprend déjà ses galons. C’est tellement rassurant aussi, après l’année que j’ai passée en licence de lettres parmi des étudiants absolument pas intéressés pour la simple et bonne raison qu’ils n’avaient pas suffisamment de mots de vocabulaire à leur actif pour comprendre ce que les vieux racontaient. Notamment en linguistique. Un vieux prof, spécialiste féru de son domaine. Un vieux sage. Pas assez dynamique pour les zappeurs toujours tous rangés dans les derniers rangs des amphis, comme on se met à bonne distance d’une téloche pour s’éviter un mal de crâne. Je n’ai jamais assisté à une telle absence de respect pour le savoir et de désir d’apprendre. C’était vraiment triste. Je n’ai pu profiter de rien dans cette Université. Ou si peu.

Sarkozy aurait un culte d’omniscience. Oui, c’est légèrement différent. L’ubiquité suppose une force centrifuge alors que l’omniscience aurait davantage besoin d’une force centripète. Il serait au grand max un sex symbol. Tout ce qui m’étouffe en France prendrait une ampleur que je ne suis pas certaine de me laisser subir. Tellement que je ne peux aller plus loin que ça, dans l’anticipation, dans l’imagination de ce monde là :



S’il est vrai, comme on me l’a dit récemment que 85 % des Français gagnent moins de 1800 €, j’ai une chance de survivre en France. Il peut quand même pas tous se les acheter, ce mini-fumier-là…

mercredi, avril 25, 2007

Et hop. Comme ça. Une décennie a filé.

C’est ce qu’on dit. La prochaine sera la quarantaine. C’est ce qui me fiche un rien de pression.

Ma Petite Voix Intérieure : 31 ans, pas de métier, pas de famille, et même pas mondialement reconnue telle Bridget… Bois un coup et pleure, c’est tout ce que tu peux faire.
Moi : M’enfin ! Aide-moi plutôt. 31 ans, un bon gros millier de plaisirs de lire offerts aux enfants, quelques années seines d’esprit en rab procurées à un petit vieux, un style d’écriture subtile et poignant trouvé malgré le retard pris par déracinement, beaucoup de rencontres qui vous font, beaucoup de portes, ouvertes ou fermées… Y’a bien quelque chose à en faire, il faudra bien que l’eau coule sous les ponts, que les occasions se présentent, et que la vie vive. Je suis juste un peu lente…
Echo Du Passé : Tu es vivante, toi au moins.
Moi : Tu vois, passons sur ce que j'en pense, je suis vivante. J’en vivrai d’autres encore.
Ma Petite Voix Intérieure : D’accord. D’accord. N’empêche que tu cafouilles sec. Ca mérite quelques bonnes résolutions pour les dix ans à venir.
Moi : Oui. Bon. Va.

Dix résolutions imprescriptibles pour la décennie à venir

1. Se connaître et garder le courage de suivre ses envies.
2. Réfléchir deux secondes avant de saisir une occasion.
3. Penser à utiliser la raison, dans ce pays de raison implacable.
4. Sourire, encore, toujours, sourire à chacun.
5. Garder confiance, créer de l’espoir.
6. Ecrire, mais plus aux vents.
7. Se faire des amis cap' de lancer un nouveau mouvement artistique, on en manque ce siècle-ci.
8. Retrouver la littérature jeunesse et les enfants.
9. Voyager, oser jouer ma gratte pour faire chanter les assemblées et leur raconter des histoires.
10. Puis, une fois que tout est en place seulement, voir si y’aurait pas un étranger aux sept cœurs pour m’émouvoir.

Tarot répète depuis quelques mois : Accepte le changement, sans quoi il ne peut se produire.

J’ai du mal. Il s’annonce trop solitaire. Ca m’fiche les chtons. J’sais pas pourquoi. Ca n’me faisait pas cet effet, avant. Faites un voeu pour moi.

Un Instit’ Partisan Sorti D’Un Vieux Film : Courage. Avanti ! Allons plus loin… Peut être que là-bas… Peut être…

vendredi, avril 20, 2007

(sic)

Ma Petite Voix Intérieure : C'est le même rejet que tu transbahutes sur tout ce qui bouge depuis décembre. Digère-le, celui-là, et qu'on en finisse.
Moi : Oh ? Sale vache...
Ma Petite Voix Intérieure : Crétine...

Il n'empêche par excès

N’empêche, c’est difficile, ça laisse un arrière goût que j’aime pas des masses, le rejet. M'en suis enchaînée une bonne dose en peu de temps, n'empêche, où c'est qu'j'vais m'arrêter... Et dans quel état... Je sais qu’il vaut mieux ne pas en avoir besoin si on veut que ça arrive, n’empêche, on m’a aimée une fois, et puis rien, pendant des années. J’ai traversé une bonne paire de mes enfers intimes en attendant, n'empêche. Et puis ça vous vide, n’empêche, les gens, quand on ne se sent pas aimé trop longtemps, on peut pas faire autrement qu’avoir besoin. Par moments. Et puis ça passe, n’empêche. Mais n’empêche, ça revient.

Z’allez voir, j’vous parie ce qui vous chante, quand tout ça aura fini de me cafouiller dessus, je finirai à mille et une lieux de là où j’ai l’air d’aller et qu’a de plus en plus la gueule d’une muraille chinoise.

jeudi, avril 19, 2007

(sic)

"Chez les Yiddish, on fait très attention aux mots qu'on prononce, c'est quelque chose de très sérieux, on peut tuer un homme avec un mot, il faut faire attention à ce qu'on dit."

Voyez. J'chipote pas. On en évite beaucoup en choisissant ses mots.

Une fin ou un début, comme il sied à votre humeur

Bon voilà, remise en question effectuée, l’orgueil remis en place et la confiance en mes capacités à me faire aimer rassurée.

Vrai, j’suis con. Le gars n’a rien fait. Faut que j’arrive à me mettre ça en tête. Un gars qui fait rien, même s’il vous cause une heure de sa timidité envers les filles, ben c’est qu’il veut rien. Il va falloir se concentrer davantage sur la disponibilité des gars avant de se laisser tomber.

N’empêche que j’ai franchement pas d’bol et que, les filles, vous m’aidez vraiment pas. Vous me les avez tous retournés dans tous les sens, j’peux rien dire, rien faire sans être accusée d’un tas de trucs que vous avez commis, des trucs auxquels j’avais même pas pensé de toute ma vie. Parfois même je me retrouve à raquer pour des trucs que j’ai moi-même subis.

Enis est amoureux d’une fille depuis deux ans. Ils sont amis. Elle le sait. Elle vit avec un autre amoureux. Plus physique, disons. S’il n’y avait pas eu cette fille, je n’aurais pas ressenti tout ce chagrin. Il aurait fait encore une fois comme de rien n’était, j’aurais compris, l’honneur eu été sauf, et j’aurais pu changer mon sentiment. C’est à ça que ça sert, les sous entendus, non ? Faire comprendre, sans dire, pour éviter les confrontations directes. Non ?

Il a fait ça différemment. Il a insisté pour dire les mots de rejets. J’ai trouvé ça méchant. Il en a rajouté une couche. Ca m’a chagrinée. Je trouvais que je ne le méritais pas. Je m’étais enflammée deux semaines, une broutille quoi, on aurait pu jouer encore à la guitare, j’aurais aimé une amitié aussi.

Pour me rassurer l’ego, j’ai trouvé une analyse psy assez pertinente pour me convaincre. Le gars a eu un comportement de vengeur à mon égard. Il comparait beaucoup mon chagrin à sa souffrance, ce qui était aussi démesuré qu’inscrire une égalité entre deux semaines et deux ans.

Là-dessus, Waf, un p’tit black voisin m’fait : "Eh t’sais, au monde, y’a plus de femmes que d’hommes t’vois ? Y’ a plus de femmes."

Et certaines se permettent d’en stocker deux ou trois. Franchement les filles. Faut arrêter les conneries. Y’en a marre.

(sic)

Oh : J’ai pris quatre kilos depuis samedi.
Yo Sa Soeurette : Quoi ?! Oh, ça, c’est une histoire de caca ça.
Oh : J’sais pas. Mais décidemment, le chagrin, ça m’gonfle.
Yo Sa Soeurette : A bloguer !
Oh : Oh non, j’oserais pas.

mercredi, avril 18, 2007

(sic)

"Au sanglots dans le combiné je savais que c'était toi
Raconte-moi tes malheurs mais d'abord mouche-toi!
Tu t'es fait plaquer par le nouvel homme de ta vie
Pourtant tu le connais au moins depuis vendredi

La dernière fois c'était un homme marié
Qui devait divorcer t'avais pas le droit de l'appeler
Il voulait faire les choses bien pour pas que sa femme souffre
Il lui a fait un autre gosse pour sauver son couple et ses pantoufles

T'étais dans la passade du cap de la quarantaine
Mais comme dit ton psy "c'est 300 francs et à la semaine prochaine!"

Avec tes rêves de midinettes et ton coeur d'artichaut
T'es une porcelaine dans un magasin d'éléphants
Y'a pas forcément de prince charmant
Derrière tous les crapauds!"

Etc... Made in Bénabar. Au moins, j'me sens moins seule...

mardi, avril 17, 2007

(sic)

Enis : Protège-toi. On est juste pote.

Mieux que ça. Je m'en vais pleurer un bon coup. Et j'abandonne tout ça. Les émotions, les amours, les mecs. Basta.

dimanche, avril 15, 2007

(au détour d'un feu de camp)

Je lui dirai les mots bleus... il faut qu'il comprenne...à tout prix...

vendredi, avril 13, 2007

(sic)

Pour Ella, qu'elle brille !


Sim __________ Mim _ Sim
Les petits poissons dans l’eau
Mim __ Sim __ Fa#7 _______ Sim
Nagent, nagent, nagent, nagent, nagent
Sim __________ La7 _ Ré
Les petits poissons dans l’eau
Mim ___ Sim __ Fa#7 _ Sim
Nagent aussi bien que les gros

Sim __________
Les petits les gros
_______________
Nagent comme il faut
_____________
Les gros les petits
__________Fa#7
Nagent bien aussi

mercredi, avril 11, 2007

L'affaire de la pipe

Dimanche, c’est la fête…
- On m’a piqué ma pipe, j’sais pas où elle est, dit l’Ancêtre.
- On ne te l’a pas piquée, on a dû la ranger quand tu as arrêté de la fumer, réplique Oh.

Lundi, c’est la fête…
- Où c’est qu’elle est ma pipe c’est ce con de lardon qui me l’a piquée encore, peste l’Ancêtre.
- Il fume pas ton gosse, et c’est pas un voleur, t’es bien placé pour le savoir tu l’as éduqué, râle Oh, qu’aime pas qu’on traite son fils unique de con quand le con en question est esclave de son père..

Mardi, c’est la fête aussiiiiii…
- J’veux fumer ma pipe j’peux même pas, on me l’a piquée. Quel con ce lardon.
- Une chose est sûre, c’est pas moi qui va te la tailler. On a résolu le problème de la pipe, l’Ancêtre, c’est entre ton fils et toi, j’peux rien faire, demande-lui où elle est quand tu l’auras au téléphone.
- Je t’emmerde ?
- Ton histoire de pipe m’emmerde. J’sais pas où elle est, j’peux rien faire. Appelle ton fils.

Et mercredi ? Et oui, ben oui ! Mercredi, c’est la fête aussiiiii…
- Docteur, je voudrais vous parler d’un problème que j’ai, un gros.
- Allez-y, je devine déjà…
- Voilà, j’voudrais fumer ma pipe et ce con de lardon me l’a piquée. Alors est-ce que j’ai le droit ? J’suis obligé de fumer des cigares, c’est quand même plus dangereux qu’une pauvre petite pipe !
- Ah, j’aurais cru que vous me parleriez d’alcool… Je ne peux pas vous interdire de fumer. Mais je peux vous dire que la pipe, ce n’est ni mieux ni pire que le cigare.

Ca m’a échappé. Je l’ai engueulé comme un rat mort dès la sortie du médecin. C’est que, voilà un mois, l’Ours s’est retrouvé avec la DDASS sur le dos parce qu’il aurait négligé son pauvre père. Une des 6 auxiliaires de vie qui se sont enchaînées après mon départ aurait tiré l’alarme. Juste pour une paire de mots qu’on a choisi de dire envers et contre le sens qu’ils induisent… Moi j’suis un gars comme ça, j’cause comme j’veux, ici, le mur il est peint en brillant, c’est pas pour rien, j’pisse contre, j’suis chez moi, et si ça plait pas, et ben j’emmerde.

Oh : Tu le sais, pourtant que t’as une chose à faire une seule pour me fiche hors de moi, c’est traiter ton fils de con !
L’Ancêtre : Oui m’enfin tu sais bien que je ne le pense pas comme ça !
Oh : Toi tu le sais, moi je le sais, parce qu’on apprécie l’esprit Saint Germain d’après guerre. Tu crois que toutes les personnes qui entrent et sortent d’ici en une journée comprennent ça comme ça ? Quand tu dis à un médecin "Ce con de lardon m’a piqué ma pipe", qu’est-ce que tu crois qu’il pense de ton fils ?
L’Ancêtre : Ah oui… Elle ça va, elle me connaît, mais d’autres…
Oh : D’autres se mettent en tête que ton fils te néglige et lui collent la DDASS au cul. Il se décarcasse comme une anguille pour toi, il fait le tour de la ville à pied pour te faire tes courses, quand il est pas victime des tarés de son bahut, il fait tout pour te faire plaisir et toi, tu fais quoi toi, pour lui faire plaisir ? Tes mots ont des conséquences sur la vie de ton fils. Ils lui font du mal. Il faut que t’arrêtes de lui parler comme ça. Il ne le mérite pas.
L’Ancêtre : Tu as raison, cocotte.
Oh : Toujours, coco.
L’Ancêtre : Je sais. Je sais bien que j’suis un vieux con.
Oh : T’es encore rattrapable va.
L’Ancêtre : T’es vache.
Oh : Pour votre plus grand bien, Sire. Maintenant, il me semble qu’on a un problème à résoudre mieux que les gosses de trois balais et demi. Je vais l’appeler l’Ours, et si jamais j’entends "Mon petit con de lardon adoré où c’est que t’a mis ma pipe que tu m’as piquée", devine voire ce que j’en fais de ta pipe une fois qu’on l’aura trouvée ?
L’Ancêtre : Qu’est-ce tu vas en faire ?
Oh : Je te la pique et j’te la fous à la poubelle dehors qu’elle ait été fumée quarante ans ou pas, tu sais que j’m’en moque, et que j’suis cap’ de l’faire, t’en doutes pas.
L’Ancêtre : T’es vraiment une sale vache.
Oh : Yo l’Ours ! On a un petit problème de pipe…
L’Ours : … *se marre*
Oh : Il va te la demander, si jamais il prononce un nom d’oiseau tu dis j’sais pas, j’chercherai en rentrant. D’ac ?
L’Ancêtre : Oh la salope…
L’Ours : … *se marre*…
Oh : Et toi, quand il arrête de fumer, laisse lui sa pipe en vue sur le buffet. Il sait se tenir tout seul.
L’Ours : Oui, t’as raison.
Oh : Toujours, coco.
L’Ours : … *se marre*…

Les gens sont doués pour se compliquer la vie… Mais il n’y a pas que ça pour m’inquiéter. Est-ce que ça pourrait être une incohérence, cette histoire de pipe ? Elle peut s’expliquer par une personnalité archimaniaque, mais quand même… Ce qui m’a fait peur, c’est son regard, quand il disait "on m’a piqué ma pipe", son allure, comme si on lui avait piqué tout ce qu’il a, tout ce qu’il sait, tout ce qu’il peut d’un coup, d’un seul. Il dégageait une force incohérente, à la fois faible et dévastatrice. Je ne sais pas pourquoi, ni comment, mais je sais qu’il est vital d’anéantir ce problème de pipe à tout jamais.

mardi, avril 10, 2007

(sic)

Il n'empêche que qu'est-ce que j'm'emmerde à avoir envie d'être ailleurs...

Tout est relatif.

J’en étais persuadée, m’en suis même faite une fierté, l’Ancêtre, c’est principalement ma pomme secondée d’un bon médecin, un bon kiné et quelques bonnes infirmières, d’accord, mais moi d’abord, qui l’a remis sur pattes en un temps record de cinq mois. Ca allait de soi, ça coulait de source, c’était une évidence, du genre à ne pas passer inaperçue…

Ce soir, j’ai beaucoup papoté avec l’auxiliaire de vie qui s’en occupe trois heures par jour depuis deux mois.

Oh : Et tu te souviens, quand t’es arrivé, en sortant de l’hosto ? Tu ne te levais pas de cette chaise seul, hein…

En effet, à l’époque, il ne pouvait pas s’aider de son bras droit cassé et mal remis, il avait six mois d’immobilisation dans les guiboles et de rien-foutre dans la caboche.

Cricri La Criquette : Ben il était comme ça quand je l’ai pris. Il va mieux maintenant. On a bien bossé tous les deux. La DDASS et l’Association m’ont félicitée, mais c’est tous les deux ensemble qu’on y est arrivé en un mois record !

Est-ce que je suis comme elle si ça m’fait chier d’avoir entendu ça ? Est-ce que je suis comme elle quand j’écris ici ? Je ne pense pas ressembler à Cricri La Criquette. Je ne suis pas tellement d’accord avec tout ce qu’elle dit. Genre qu’il ait un début d’Alzheimer, l’Ancêtre, ça m’étonnerait bien. J’suis pas médecin et même un médecin n’en saurait rien. Enfin je crois. Il faudrait que j’en parle à Moune. Mais il me semblait que la maladie d’Alzheimer causait des incohérences, plus que des trous, des troubles de mémoire. Je me suis ptête faite une idée à cause de mon grand-père. C’est quand il a commencé à être incohérent que… Ben que tout. Toute sa folie qui dans les années ’80 en Yougoslavie ne portait pas encore de nom propre.

J’ai fait attention aujourd’hui. Et quelques petits tests. Je lui ai demandé hier soir de se souvenir de sa diurèse. Il s’en est souvenu ce matin avec à peine une seconde de réflexion. Il savait aussi que le kiné était parti en vacances et qu’on n’était pas sûr de le voir encore avant jeudi. Le soir, il savait qu’il était venu, finalement, et qu’ils avaient fait bien six cents mètres de marche. Il a eu du mal à se rappeler le jour du retour de son lardon, mais il relève facilement les indices logiques ou marquants que je lui donne pour retrouver l’information lui-même. Il ne savait plus si l’infirmière était passée. Il a vérifié dix fois la date du jour. Il ne savait plus qu’on avait déjà réglé en l’éliminant le gros problème que la commande chez le supermarché livré à domicile lui posait.

Il se souvient très bien des choses un minimum marquantes, je crois. Il aime bien le kiné, le gars lui a sauvé le bras, c’est pas rien. Moi aussi je l’aime bien, j’ai dû écrire à son propos, ça m’étonnerait pas. Mais j’me souviens pas de ce que j’y ai dit. Moi non plus, je ne me souviens pas de tout. Comment ça fonctionne ? Quand est-ce que ça ne fonctionne plus ? L’infirmière elle, était complètement insignifiante à voir, comme ça, de premier abord. Aucun éclat de rire durant la toilette, le même sourire poli tout du long, aucune réaction aux taquineries d’l’Ancêtre, rien… Moi non plus, je ne m’en souviendrais plus très longtemps, de cette dame. Par contre Nathalie… Je ne l’oublierai jamais, ça de sûr. Même la Grande Catherine, j’m’en rappelais bien, j’étais contente de la revoir.

Il oublie les choses de tous les jours, mais, c’est étrange, sans jamais laisser passer une occasion d’assouvir ses maniaqueries, comme il dit. C’est vrai que, couper en deux un quartier d’orange, je comprends mieux que couper en deux les quartiers de mandarine. C’est étrange. Et c’est peut être une incohérence. Un indice. Il n’empêche, je ne sais pas pourquoi, une certitude qu’on s’explique pas, je le sais, l’Ancêtre n’est pas, et ne sera jamais malade de la maladie d’Alzheimer.

Bref. Assez divagué pour ce soir. Ca m’a fait quelque chose, la réelle fierté que Cricri La Criquette ressentait en toute sincérité et tendresse en s’annonçant Bruce Willis à son tour. Comme quoi tout est relatif. Et au sein d’une équipe nombreuse et jamais réunie au complet, il est impossible d’attribuer un mérite à quiconque sur quoi qu’est-ce qui soit accompli.

Ebé bravo à nous tous, l’Ancêtre pète la forme ! Je l’ai de mes yeux vu trifouiller dans un tiroir au raz du sol.

Oh : Tu sais que, j’suis sûre, tu pourrais te désaper tout seul maintenant. Te saper, c’est pas encore dit, mais te désaper, j’parie ce que tu veux, t’y arrives.
L’Ancêtre (se marre) : Oh ? Tu crois ? Tu vas faire bosser le vieux ? T’es une sale vache, toi.
Oh (se marre aussi, faut préciser, les gens sont prudes avec le vocabulaire parfois) : Ben quoi. T’es tout piteux quand j’te torche le cul, et quand j’t’annonce que tu peux l’faire tout seul tu râles. Faut savoir ce qu'on veut, dans la vie.
L’Ancêtre : T’es vraiment vache, toi.
Oh : Tu t’rends compte ? Tous ces gens dont tu profites chaque fois que tu les laisses faire ce que tu peux faire toi-même ?
L’Ancêtre : J’suis vieux. Qu’est-ce tu veux. J’sais bien qu’j’suis un vieux con.
Oh : T’aimes ça, oui.
L’Ancêtre : Quoi ?
Oh : Faire le con.
L’Ancêtre : C’est vrai. J’adore même.
Oh : Mais t’es malin. J’t’ai vu faire. T’as été chercher tes cigares dans le dernier tiroir en bas à tes pieds. Si tu peux te baisser pour un cigare, tu peux te désaper.
L’Ancêtre : T’es vraiment une salope, toi. On t’la fait pas.
Oh : Ouaips ! Et une bonne ! Tu m’auras jamais. Jamais.

J’adore nos ptits dialogues salaces…

L’Ancêtre : Ben quoi ? Est-ce que j’t’ai d’jà fichu la main au cul ?
Oh : Ben non.
L’Ancêtre : Ben alors. J'suis respectueux.
Oh : Ben t’en sais rien, j’aurais ptête aimé, ça.
L’Ancêtre : Ah oui ? Une bonne, en effet !

J’ai l’impression de discuter avec Jarry, ou pire, Vian, voyez ? C’est épatant !

lundi, avril 09, 2007

(sic)

Oh : Truc de ouf, j'ai rêvé de Sarkozy. Pire, j'm'en souviens. Enfin pas vraiment de lui. De quelqu'un qui se fichait de sa gueule, qui le rendait plus ridicule qu'il ne l'est. C'est fortiche, mais de là à ce que ça m'reste...
L'Ancêtre : Moi, toutes les nuits, je rêve de bonnes salopes. De très bonnes salopes même !
Oh : Aaah ! C'est pour ça tu te réveilles tout rose !

Plus tard, au coucher...

Oh : Bon ben j'te laisse à tes ptites salopes, elles s'occuperont bien de toi.
L'Ancêtre : ... *se marre*...

Plus tard, au lever...

Oh : Ah ben oui, elles ont fait du bon boulot !
L'Ancêtre : Qui ?
Oh : Les ptites salopes. T'es bien rose et joufflu !

Je testais le terrain. Ca, les salopes, il n'oublie pas. Mais pour le reste... L'Ancêtre n'a plus des masses de mémoire immédiate. On a beau dire, il ne sait pas que son fils a pris quelques jours de vacances ce pourquoi je suis là, il ne sait pas que son fils n'est plus mon amoureux, il ne sait pas, quand je m'absente, où je vais ni pour combien de temps, il ne sait pas s'il a mangé, s'il s'est rasé, s'il a chié. On ne sait pas bien non plus s'il reste quelque chose après une discussion, ni quoi.

Or, l'Ancêtre veut apprendre à se servir d'un ordinateur. En une semaine le temps que je suis là. Qu'il y croit c'est une chose, que l'Ours soit persuadé que j'y arrive...

Je trouve qu'on m'en demande beaucoup dans le coin, non ? Quoi que ça puisse peut être marcher, si je lui apprends comment mater des salopes sur un ordi... Héhé...

dimanche, avril 08, 2007

(au détour d'un feu de camp)

Enis : Vas-y, lâche-toi, change-la, cette partoche, tiens, essaye de la faire sur un rythme binaire.

C'est rigolo, en effet, m'enfin c'est du boulot. J'en suis qu'à harmoniser l'ensemble, au squelette énergétique. Qu'il se charge des chichis, j'suis pas cap'. Pas encore...!

samedi, avril 07, 2007

Oui. Bon.

Que j’sois encore en train de m’enflammer pour un autre gars, j’veux bien, mais la première fois, ça… M’enfin… Elle était bien bonne !

Il est vrai toutefois, que je pense beaucoup à Enis depuis samedi dernier et ce de façon plus sexuée que potache. Il est vrai que j’ai tout le temps envie de sa présence, bien que son absence ne me dérange pas.

Il est vrai que j’ai néanmoins été déçue d’apprendre que nous ne nous reverrons pas aujourd’hui, et qu’il préférerait le faire lundi qui vient, quand je serais à Nancy, pour une semaine. Il est vrai que j’ai bien cru qu’il m’embrasserait, jeudi dernier. Nous nous sommes revus plus vite que prévu. J’avais tout ce qu’il faut, mais on n’a pas prononcé le mot boulot de l’aprème.

Il est vrai que je me suis sentie comme si je n’avais eu jusque là aucune expérience, comme si elles devenaient quantité négligeable face à mon ignorance de comment il aurait fallu agir à ce moment.

Il est vrai que c’est la première fois que j’ai le temps de connaître un peu avant de désirer, et de désirer un peu, avant de me lancer dans une histoire. C’est une impression, c’est juste que, jusque là, ceux pour lesquels j’avais craqué comme ça sont devenus potaches, et que j’ai du coup oublié de nourrir le sentiment sans m’en rendre compte, en en nourrissant un autre, plus fraternel. Cette semaine encore, peut être une de plus, je m’accorde à croire qu’histoire il y aura, le moment venu…

Du coup, j’ai beaucoup écouté. Du coup, il a beaucoup parlé. De lui. Des autres. Des sociétés. Des principes.

Il est vrai que j’ai aimé ce qu’il disait. J’ai pu observer des comportements depuis d’un œil tout neuf. Il est vrai que j’adore voir s’ouvrir de nouvelles perspectives.

Il est vrai que j’ai l’impression d’avoir commis un tas de maladresses sans lesquelles il l’aurait fait. Il est vrai que la semaine à venir me paraît une éternité à tirer.

Il est vrai que, néanmoins, je me sens sereine et enthousiaste. A mon retour, j’en aurais à lui en raconter… Je le ferai rire encore. Il est vrai que j’aime le faire rire. Tant et si bien que, j’crois bien qu’il me perçoit comme quelqu’un de très dynamique et extraverti.

Il est vrai que je reste persuadée que dans l’histoire, ni lui ni moi ne sommes au bout de nos surprises.

Et il est vrai qu’on s’entend bien, qu’on a, comme qui dirait, des goûts en commun et des principes partagés. (Lui aussi, c’est un psychorigide ! Ha !)

Bref, les amis. Hilda est de retour… Plus sûre d’elle que jamais… Tous aux abris…

(sic)

Ma Petite Voix Intérieure : M'est avis, t'es en train de tomber amoureuse pour la première fois de ta vie.
Moi : ... *?!?*...
Ma Petite Voix Intérieure : ... Ben quoi...
Moi : ... *se marre comme une étendue de phoques en Alaska*...
Ma Petite Voix Intérieure : ... C'est vrai...

Miracolo...?

Muche n’aime vraiment pas les maths. Nuche aimerait bien, mais elle reste solidaire. Popette, prof de bazar, commençait à y perdre son latin. Comment raisonner géométriquement un thème largement entamé à l’école, quand, avant même d’avoir lu le second mot d’un énoncé…

Muche : Pfff… Je déteste les maths. Ca me saoule.
Nuche : C’est vrai, elle déteste, elle a écrit sur sa gomme "Je hais les maths".

Quand l’heure de la libération ayant sonné, on vous attend au tournant voir comme elles sont grosses les conneries que vous racontez…

Muche : J’croyais qu’on devait se marrer en maths.
Nuche : Ouais t’avais dit ça, que tu te marrais avec les maths.
Muche : J’t’ai pas beaucoup vue te marrer, hein…
Popette : Non, là, c’est vrai, c’était pas drôle, même pour moi. Mais c’est difficile de se marrer quand y’en a une (j’vise personne suivez mon regard) qui refuse catégoriquement de jouer…
Muche : Oui ben, moi, j’attends toujours de voir comment ça peut être amusant, de jouer aux maths…
Nuche : Ouais, moi aussi…
Popette : Vous verrez bien…

Pas si sûre d’elle la Popette… Assez loin de l’être, même… Les propriétés des quadrilatères sont assez complexes à emmagasiner quand on ne réalise pas qu’il s’agit d’ensembles entremêlés.

Popette : Vas-y, dessine un quadrilatère quelconque.
Muche : Voilà. Il est quelconque.
Popette : A toi maintenant, dessine un trapèze en dessous, là.
Nuche : Voilà. Un trapèze.
Popette (trouvant la figure trop régulière, pas assez quelconque) : D’accord. C’est un trapèze. Et ça (un droit, placé à côté de l’autre), c’en est un ?
Muche : Non c’est un… C’est quoi ?
Popette : C’est un trapèze. Il a deux côtés parallèles et deux qui ne le sont pas. Mais il est spécial et ça se voit à l’œil nu, la preuve, tu as vu quelque chose de louche, de particulier. C’est un trapèze droit. Il a deux angles droits. Ou, si tu préfères, l’un de ses côtés est perpendiculaire aux deux parallèles.
Muche : Pffffiouuuuu… C’est chiant…
Popette : Tu ne parles pas encore la langue des maths, c’est normal, ça va venir. Quand ça viendra, tu pourras faire des phrases comme ça et tu sauras ce que ça veut dire. Regarde, celui-là (un quelconque) c’en est un ?
Muche : Heu… oui…?
Popette : Oui. Pourquoi ?
Muche : Il a que deux parallèles.
Popette : Voilà. Comme le droit. C’est parallèle ça ?
Muche : Oui.
Popette : Et ça ?
Muche : Non.
Popette : Voilà.
Muche : D’accord.
Popette : Maintenant, fais-nous un losange.
Muche : En dessous, là ?
Nuche : Ben ouiiii. Allez !
Muche : Oui bon voilà on va dire c’est un losange.
Popette : Un carré et un rectangle juste à côté. Voilà. Et un parallélogramme pour finir.
Muche : A côté ou en dessous ?
Nuche : Mais à côté ! Vas-y !
Popette : A toi, Nuche. Un cerf-volant.
Nuche : Comment je fais ?
Popette : Tu fais une croix. Non comme celle à Jésus. Voilà. Tu vois, y’en a une qu’est coupée au milieu, la petite, et l’autre non.
Nuche : Ah oui. C’est les diagonales ?
Popette : Oui.
Nuche : Je fais comment alors ?
Popette : Ben devine… T’as les diagonales…
Nuche : Je relie les points ?
Popette : Exact. Vas- y.

C’est là que ça se corsait. Elles mélangeaient tout. Côtés opposés et successifs, perpendiculaires et parallèles, "les côtés se coupent en leur milieu" et "les diagonales sont successifs". Aucune image, aucun concept n’était lié dans leur mémoire à ces mots. Elles vous les refourguaient dans tous les sens jusqu’à ce qu’elles tombent sur la bonne combinaison. Et elles me demandent à moi de ranger tout ça… Vous n’trouverez pas plus bordélique que la pomme à Popette. Y’a rien qui la gonfle plus que de s’occuper d’un objet qui ne lui est plus utile dans l’immédiat…

Popette : Bon. Regardez le quelconque. Il a l’air de rien, pas vrai ?
Muche : Oui, il est quelconque.
Popette : Ouais. Regardez, il aurait été un tout petit peu plus rond (juste à côté, une patate de la même forme arrondie), c’eut était une patate (insiste sur la prononciation dynamique du mot histoire de créer facilement une détente).
Muche & Nuche : Ouah ! Une patate !
Popette : Voilà. On va dire c’est la famille des Patatoïdes (entoure le quelconque et la patate).
Muche & Nuche : Ouaha ! Patatoïdes !
Popette : Exact. Patatoïdes. La petite famille des Patatoïdes (frappe l’ensemble du bout du crayon) appartient à une grande famille, comme vous, la famille qui vit dans la maison, la grande famille qu’on retrouve pour les anniversaires. (entoure tous les quadrilatères). Laquelle ?
Muche & Nuche : La famille des quadrilatères !
Popette : Exact. Dans cette grande famille, il y a d’autres petites, qu’on range à part. (entoure les parallélogrammes.) Pourquoi ces quatre-là se ressemblent ?
Muche : Ils ont quatre côtés.
Popette : Les quelconques aussi. Et là, et là, et là. Ils ont tous quatre côtés. C’est pour ça on les range dans la famille des Quadri Latères. Quadri comme quatre, et latères comme côtés.
Muche : Pffff…. J’ai toujours faux.
Popette : Ce n’était pas faux. Tu le vois bien qu’ils ont quatre côtés. Maintenant, dis voir, qu’est-ce qu’ils ont de différent des autres.
Nuche : Tous les côtés sont parallèles.
Popette : Je sais à quoi tu penses, c’est juste, mais ce n’est pas ce que tu as dit. Quatre côtés parallèles ça fait ça, ça ne se touche nulle part, il n’y a pas d’angles, ni de sommets.
Nuche : Pfff…. J’y arriverai jamais.
Popette : Si, essaye de dire ce que tu as vu dans ta tête.
Nuche : Ben ça c’est parallèle à ça et ça c’est parallèle à ça, partout, mais pas chez les trapèzes.
Popette : Voilà. Tu vois t’y arrives. Maintenant faut utiliser les mots maths. On dit : Les côtés opposés, sous entendu les deux paires de côtés opposés, ces deux-là et ces deux-là, sont parallèles deux à deux (fais deux fois les mêmes gestes pour désigner les deux-làs et deux à deux).

Et caetera. Et les rectangles. Et les losanges.

Popette : Voyez pas ? Un losange, on dirait un carré penché. Pareil pour le parallélogramme. On dirait un rectangle penché.
Muche : Un rectangle penché ?!
Nuche : Ah oui, on dirait…

Et les trapèzes. Et les cerfs volants. Fastidieux à souhait.

Popette : Bon. Vous allez en garder quelque chose de mes histoires de famille ?
Muche & Nuche : Ouiiii ! Alors y’a les familles des Patates ! Et heu… Patatoïdes !

Ben c’était pas gagné… J’en suis sortie piteuse plusieurs vendredis d’affilés. En contrôle, Muche arrivait à 4, Nuche à 8. Je sentais que Nuche avait envie d’avancer, qu’elle pourrait aller plus vite. Qu’elle se réfrénait difficilement pour ne pas abandonner sa jumelle. Je ne les ai pas encore séparées, pour que chacune avance à son rythme. C’est bien la solidarité. C’est un bon moteur. J’en avais besoin.

Il y a trois semaines, je suis arrivée en avance. Je les ai croisées sur leur chemin de retour à la maison. Muche était contente de commencer plus tôt pour en finir plus tôt. Mais finalement, on s’est retrouvées toutes les deux seules dans la cuisine, alors on a papoté dix minutes.

Popette : Prête pour affronter tes cauchemars ?
Muche : Pfff… Je déteste les maths.
Popette : Je ne pense pas qu’on puisse détester une matière.
Muche : Ben j’peux t’assurer que les maths, moi, je les déteste.
Popette : Je pense qu’on ne peut que détester les profs d’une matière.
Muche : … *sourire aux yeux bas, très bas*…
Popette : Je pense que tu es tombée sur un ou des profs que tu détestes pour une raison ou une autre, mais pas pour les maths, en elles-mêmes.
Muche : Ben oui, les profs de maths, c’est toujours pareil, il faut être super bon pour qu’ils te remarquent.

Ben voilà. Si ce n’était les maths, Muche aurait eu les félicitations. C’est une personne remarquable. Et elle a raison de le défendre. Comme elle peut. Et, vous verriez son regard, vous sauriez, elle peut. Farouchement.

Popette : Tu vois. C’est pas les maths. Moi, c’était la prof de musique. Elle m’a dit "Toi dans la chorale ?! Mais tu rêves ma grande, tu chanteras jamais, t’as pas la voix pour ça." Il y a toujours eu des profs qui pensent qu’il faut savoir avant d’avoir appris. Ils pensent que c’est ça, le géni, le talent, quelque chose qui vient de naissance. Ceux-là sont les plus injustes. Ils jugent les élèves selon ce qu’ils ont appris ailleurs, pas avec eux.
Muche : Oui, et moi j’ai beaucoup de retard. J’ai jamais rien compris aux maths.
Popette : C’est qu’on n’a pas su te l’expliquer, et qu’à force, tu ne te donnes plus la peine d’écouter. Tu n’entends jamais vraiment tout ce que je dis. Tu écoutes, parce que t’es gentille et que je suis gentille, mais je vois bien que c’est un effort, et tu ne peux pas te concentrer, à chaque mot que je prononce au sujet des maths, tu entends en même temps dans ta tête des "ça m’saoule" et des "je hais, je hais, je hais".
Muche : … C’est vrai…
Popette : Moi, j’en ai eu une, une seule bonne prof de maths. Grâce à elle, j’ai pu supporter toutes les tares des suivants et jouer avec. On rigolait bien avec elle. Les maths, c’était une grande énigme, avec plein d’enquêtes à faire, et moi, j’étais le détective. On avait droit d’utiliser n’importe quelle méthode, pourvue qu’on arrive au résultat. C’est pas comme ici. Ici, on t’apprend pas à trouver une solution mais à réfléchir selon une méthode. Et alors quand on avait bien travaillé, on avait droit à une petite cerise sur le gâteau. On avait dans la classe un guignol qui connaissait par cœur les comédies théâtrales du moment, et qui nous refaisait des scènes en fin de cours pour se quitter en rigolant. C’était une bonne prof. Avec elle, tu aurais aimé les maths.
Muche : … Mouais… Peut être…
Popette : C’est simple, Muche, on aime tout ce qu’on comprend et qu’on arrive à faire.
Muche : Ben c’est ça le problème ! J’comprends rien !

J’ai donc introduit dans les cours suivants des pauses hilares. Les trucs les plus hilarants concernent toujours les profs. Surtout quand on est en cinquième. Me leur suis foutue de la gueule de mes pires comme mon pote d’antan, théâtrale à souhait.

Pour clore le chapitre quadrilatères, on a fait un jeu de bataille avec les propriétés qui a beaucoup saoulé le temps de le faire, mais auquel elles ont pris plaisir à jouer.

Il faudrait tout reprendre au début. Ca prendra du temps.

Mais, la dernière fois, elles sont passées à un sujet tout neuf, tout frais. Elles avaient en devoir un exo qui nous a pris une heure et demie. Les profs sont vraiment graves, parfois. Celui-ci en tient une bonne couche. Il leur fait faire chez eux une activité censée leur faire comprendre la méthode de base pour comprendre l’addition et la soustraction entre nombres positifs et négatifs. Genre un môme, il va faire un exo et il va s’dire tout seul comme ça, ben j’ai qu’à refaire la même chose à chaque fois. Il s’en fout, le môme. Si on lui dit pas, tiens, c’est un truc pour t’en sortir à l’avenir dans ce genre d’exo, il va prendre un exo pour un exo, pas pour un cours. Bref. L’apprentissage à domicile et l’application en cours. Le monde à l’envers quoi.

Popette : Bon. J’vais vous donner ma méthode. Comme je réfléchis pour résoudre ça. Je sais pas si ça peut vous aider, d’autres réfléchissent peut être différemment, mais on va voir.

C’était la méthode à trouver à l’issue de l’activité. En gros, je leur ai donné la soluce avant qu’elles ne bossent. J’ai cru à une erreur, mais finalement, c’était ce dont elles avaient besoin.

Muche : Ah ! J’ai tout compris ! C’est la première fois que je comprends tout !

Hier, je l’ai retrouvée seule dans le bus, très énervée. Elle a eu un contrôle. Elle savait le faire, elle avait tout compris. Ben elle a perdu tout le temps à faire un exo qu’il ne fallait pas faire. Du coup elle aura quand même une mauvaise note.

Muche : J’suis dégoûtée…
Popette : Bah, c’est pas bien grave, t’es sur la bonne route, tu sais ce que c’est un lapsus ?

J’aime bien parler de choses compliquées aux mômes. C’est étonnant tout ce qu’ils peuvent comprendre.

Comme c’était les vacances, et qu’elles avaient bien compris, on a surtout papoté. Je leur ai sorti toutes mes théories comparatives sur les systèmes éducatifs. Ce n’était pas inutile. J’ai ressenti leur soulagement. Elles se sont senties déculpabilisées.

Muche : Ben toi, au moins, tu comprends…

Nuche est restée silencieuse et souriante. Elle laissait faire. Je sais que même si ce n’est pas tout à fait conscient, on a toutes les trois ressenti que le blocus se levait dans la discussion, et qu’il fallait laisser faire. Ca a pris une heure. Ben ça aura pris une heure. On a juste rapidement revu quelques exos.

Muche : Faudrait que tu nous expliques les divisions. Avec toi on comprendra peut être. L’autre nous disait toujours de la rappeler qu’il fallait faire des divisions chaque fois, mais on disait rien, on sait pas faire, c’est chiant. Mais avec tes méthodes on va peut être comprendre.

J’ai toujours peur que les parents m’envoient paître ma psycho ailleurs sous prétexte que j’suis pas payée pour. M’enfin j’sais pas apprendre quoi qu’est-ce à quiconque qui bloque sur le sujet. Je peux leur expliquer une fois le résultat visible. J’espère que Muche a raison. J’espère qu’elles comprendront. J’serais pas payée à rien fiche. Et j’aurais sauvé deux petites d’une grosse bosse de haine envers et contre les maths.

Moune a souffert de cette matière. Ca voudrait dire que sa fille aurait su la lui épargner. C’est étonnant comme l’école joue sur l’avenir des petits, une fois grands, et sur leur personnalité. Plus étonnant encore de compter ceux qui ne savent pas s’estimer à leur juste valeur simplement à cause d’un blocage affectif éclaboussé sur toute une matière. Quelque chose de totalement inutile et qui peut être évité, quelque chose d’aussi con que grimper sur une moto pour foncer sur un poids lourd en croyant qu’il n’y aurait pas de conséquence.

Ce qu’il y a de bien dans la vie, c’est qu’en matière de profs comme en d’autres, elle tend aux équilibres. Et en l’occurrence, j’aime bien être du côté tout blanc. Si j’y arrive avec Muche, si les conséquences étaient telles que je les prévois, je sortirais de mon gris clair toute fière !