lundi, mars 26, 2007

Chez les indiens, la puissance d’un individu se mesure à la longueur de ses cheveux.

C’est décidé, je me scalpe demain.

Le rendez-vous est pris. J’ai dû voir trois coiffeurs en sept ans, elle me fait quelque chose, la décision, si minime qu’elle puisse paraître…

D’un, j’fais pas confiance à cette engeance. Ils te réussissent comme ils te ratent selon l’humeur du jour. De deux, les papotins devant le miroir me gonflent royalement, et comme j’ai tendance à dérouter quand je parle, je les déconcentre, c’est très mauvais. De trois, chaque fois que j’suis devant j’pense à Moune me gueulant comme quoi faut pas trop se mirer. (D’un côté, ça a marché, je ne me mire pas long feu, je déteste les objectifs qui vous figent, je n’ai aucune idée de ce que toute fille qui se respecte connaît par cœur à savoir les positions avantageuses et les expressions à éviter, d’un autre… Faut dire ce qui est, ce blog est un miroir, mon beau miroir où je suis la plus belle, elle aurait peut être dû préciser que le nombril non plus, ça ne se dévisage pas…)

Bref. Je m’ennuie sec en salon de coiffure. Mais disons que ce n’est qu’un moment à passer, un moment dont j’ai au moins l’impression d’avoir limité les risques en prenant rendez vous à une heure RATP d’ici plutôt que chez les trois coiffeurs de la rue à côté, juste pour payer quinze euros de plus une séance de "visagisme", comme dit le monsieur, histoire qu’on se contente pas de me refaire un carré de l’époque d’antan. Ce qu’il y a, c’est que c’est un moment à conséquences. Et comme le monsieur ne bosse pas ce jour, j’ai tout le temps d’y songer. J’avouerais volontiers que j’aime pas ça. Anticiper. Calculer. Mesurer le pour et le contre. Je suis une bulle qui se plait à déambuler au gré des vents, même lorsqu’ils lui sont contraires, voire, un bulldozer qui fonce dans le tas. Ce qui me rend une certaine cohérence à vouloir peser les conséquences d’un aussi petit événement, puisque les vents y sont favorables… *ahum*

Et si je ne le faisais pas…?

Ebé j’continuerais d’en semer partout, de boucher la baignoire même en faisant gaffe, de jouer avec en amour, de les attacher, les détacher, les enrouler, les tortiller, y faire des nœuds en suçant mon petit doigt pour m’endormir (oui et j’emmerde quiconque se trouverait inspiré d’une remarque bien à propos), je serais toujours agacée quand j’en sèmerais dans la peinture ou parmi les cordes de la gratte, mal à l’aise si une mèche s’échappait des autres pour suivre une fourchette jusqu’à ma bouche en plein resto, j’aurais toujours l’air d’une tzigane lorsque je mettrai d’immenses anneaux aux oreilles et un long jupon, et je me sentirais encore sexy puissance shamanique.

Bon. C’est pas mal. M’enfin ça fait longtemps que c’est comme ça…

Et si je le faisais…?

J’ai une nouvelle chance de me faire masser le crâne par de gros doigts d’homme sans ongle, une nouvelle chance d’en sortir contente et belle, une nouvelle chance de me sentir changée quelques heures, une première occasion de jouer à tester des coupes sur ordi pour en choisir une, et… une nouvelle occasion de me trouver moche. Je serais certainement perçue autrement aussi.

Bon. C’est simple. En gros, si je le fais pas, je sais ce qui se passe, si je le fais, advienne que pourra. Considérant que le fait d’imaginer les possibles et d’avoir encore le choix m’est particulièrement attirant...

Je le ferai. Je ne me dégonflerai pas. Les indiens sont des patients, des traditionalistes, ils discutent avec leurs ancêtres, tout ça... Moi, je sais qu’on peut toujours revenir à l’ancien, si le renouveau, tripotée de données inconnues, s’avère néfaste.

Adieu va, Chevelure de Vénus, je t’aimais bien !

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